Reprendre (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme PRENDRE.) Prendre de nouveau. "Reprendre les armes. Reprendre un prisonnier qui s'était échappé, un oiseau qui s'était envolé. Reprendre une ville sur l'ennemi qui s'en était emparé. Reprendre à son service un ancien domestique. Cet homme a repris sa femme après une longue séparation. Après son exil, il reprit sa place au Sénat. Il a repris ses habits d'été, d'hiver. Il a repris médecine. Reprendre du pain, de la" "viande. La fièvre l'a repris. Reprendre la parole. Il a repris du service. Reprendre racine."
"Reprendre un chemin," Y rentrer après l'avoir quitté. "Nous reprîmes le chemin à tel endroit."
"Reprendre la mer," Naviguer de nouveau.
"Reprendre pied," Retrouver le fond de l'eau avec les pieds, après l'avoir perdu.
Fig., "Reprendre le dessus," Regagner l'avantage qu'on avait perdu. Il signifie aussi Se rétablir après une grave maladie. "Il a bien repris le dessus."
Fam., "On ne m'y reprendra plus," Je me garderai de m'exposer de nouveau au même danger, au même ennui. On dit par forme de menace : "Que je ne vous y reprenne plus! Que je vous y reprenne!..."
REPRENDRE signifie aussi Prendre ce qu'on avait donné. "Reprenez votre cadeau, je ne puis l'accepter. Reprenez le mandat que vous m'avez confié."
"Reprendre une marchandise," Accepter qu'on vous la rende et en annuler la vente.
Fig., "Reprendre sa parole," Retirer une promesse qu'on avait faite. "Il avait, donné, sa parole un peu vite, il essaya de la ."
REPRENDRE signifie aussi Recouvrer. "Cet homme laisse une fortune importante, mais sa veuve a beaucoup à sur la succession. Reprenez votre bien." Fig., "Reprendre des forces. Reprendre courage. Reprendre espoir, confiance. Reprendre ses esprits. Elle a repris l'usage de ses sens. Il a repris tous ses droits sur elle. Cette manufacture a repris un peu d'activité."
"Reprendre son haleine," Recommencer à respirer après une interruption accidentelle, plus ou moins longue.
Fig., "Reprendre haleine," Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.
REPRENDRE signifie encore Rejoindre quelqu'un pour l'emmener. "Attendez-moi, je viendrai vous ; je vous reprendrai en passant."
Il signifie également Se remettre à quelque chose après une interruption. "Il a repris son travail. Ils ont repris leur correspondance, interrompue. Ils ont repris, leur train de vie accoutumé. Il faut cette affaire. Elle a repris la conduite, la direction, le gouvernement de la maison. Reprenons la conversation où nous en étions. Reprenons notre lecture. Après cette interruption, il reprit ainsi son discours. Reprendre le fil de son discours. Reprendre le cours de ses réflexions. Reprendre sa route. Reprendre les hostilités. Maintenant, les choses ont repris leur cours normal."
"Reprendre une chose, une histoire de plus haut," La raconter en la commençant à un point plus éloigné dans le temps, pour rendre la narration plus claire, pour mieux éclaircir le fait. "Pour vous bien instruire, de cet événement, il faut la chose de plus haut. Reprenons cette histoire de plus haut."
"Reprendre les choses de plus haut," Remonter à des vérités antérieures, à des principes généraux.
"Reprit-il, il reprit" se dit lorsque, rapportant une conversation, on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs. "Il reprit ainsi. Il reprit en ces termes. Cela est indubitable, reprit- il; mais..." Dans ces phrases, "Reprendre" s'emploie absolument.
En termes de Procédure, "Reprendre une instance," Continuer avec une nouvelle partie, ou avec la même, un procès commencé et qui avait été interrompu. "Il a fait assigner les héritiers d'un tel, pour l'instance avec eux."
"Reprendre une tragédie, une comédie, etc.," La remettre au théâtre.
"Reprendre un mur," En réparer, en fermer les crevasses. "Reprendre la façade d'une maison."
"Reprendre un mur, un pilier, etc.," sous oeuvre, en sous-oeuvre, Reconstruire, les parties inférieures d'un mur, d'un pilier, etc., en soutenant le reste.
Fig., "Reprendre sous oeuvre un projet, une entreprise, un ouvrage," S'en occuper en suivant le même plan, mais avec certaines modifications, certains changements.
"Reprendre une maille," La rattacher.
REPRENDRE signifie encore Réprimander, blâmer, censurer quelqu'un pour ce qu'il a fait ou dit. "Reprendre doucement. Reprendre aigrement, durement. On a beau ce jeune homme de ses fautes, il y retombe toujours."
Il signifie aussi Blâmer, censurer, critiquer quelque chose, y trouver à redire. "On reprend en vous bien des choses. C'est un homme de bien, je ne vois rien à dans sa conduite, à sa conduite. Ce critique trouve à dans les meilleurs auteurs. Il trouve à à tout ce qu'on fait."
REPRENDRE est aussi verbe intransitif et se dit des Arbres, des plantes, qui prennent racine de nouveau, lorsqu'ils sont transplantés. "Ce pommier, ce poirier a bien repris." Il se dit, également des Greffes. "Cette greffe a bien repris."
Il se dit aussi des Blessures, des chairs qui ont été coupées, ouvertes, séparées; et il signifie Se refermer, se rejoindre. "La plaie commence à . Les chairs reprennent." On dit de même pronominalement : "La plaie se reprend, les chairs se reprennent."
Il signifie encore Se remettre. "Ce convalescent, ce malade reprend, a bien repris," Sa santé se rétablit, est bien rétablie.
"Cette pièce de théâtre a repris," Après être tombé d'abord, elle s'est relevée.
REPRENDRE signifie également Recommencer, revenir. "Le froid a repris. La pluie a repris. Cette mode a repris. Leur amitié a repris."
"Les affaires reprennent," Le commerce et l'industrie recommencent à bien aller.
"La goutte, la fièvre, etc., lui a repris," Elle lui est revenue, elle lui a pris de nouveau. On dit aussi transitivement dans le même sens : "La goutte, la fièvre, etc., l'a repris."
REPRENDRE. signifie, encore, Se figer, geler de nouveau, "Ce ciment a repris, La rivière a repris."
SE REPRENDRE signifie Se corriger d'une chose qu'on a dite mal à propos, avec ou sans intention. "Il dit un mot pour un autre, mais il se reprit aussitôt."
Il signifie encore Se remettre à une chose. "Il a fallu s'y à plusieurs fois." On dit aussi, familièrement : "Vous y voilà repris." Vous vous êtes remis dans un cas fâcheux. "Je n'y serai plus repris," Je ne m'y exposerai plus, je n'en serai plus dupe.
Le REPRIS s'emploie substantivement dans cette locution : "Un repris de justice," Un homme qui est de nouveau inculpé, ayant déjà subi une condamnation pénale. "Quelle foi peut-on ajouter à son témoignage? c'est un repris de justice."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Prendre de nouveau. Reprendre sa place.
VOIT.: « Je suis bien aise de vous mander que nous avons repris Corbie sur les ennemis »
SACI: « Ils reprirent leurs serviteurs et leurs servantes à qui ils avaient donné la liberté, et ils les assujettirent de nouveau au joug de la servitude »
SÉV.: « Vous avez fait transir le bon abbé, de lui parler de ne pas à Paris votre petit appartement »
BOSSUET: « Les Parthes, souvent vaincus, deviennent redoutables du côté de l'Orient sous l'ancien nom de Perses qu'ils reprennent »
BOSSUET: « S'il sut soutenir le poids des affaires, il sut aussi les quitter et son premier repos »
BOSSUET: « Ces esclaves fugitifs qu'il faut aller »
RAC.: « J'allais, en reprenant et mon nom et mon rang, Des plus grands rois en moi reconnaître le sang »
RAC.: « ....Loin de me après m'avoir chassé, Il [le peuple] croit voir un tyran dans un prince offensé »
RAC.: « Me quitter, me , et retourner encor De la fille d'Hélène à la veuve d'Hector »
DANCOURT: « Je sais bien d'autre part que la justice approuve Qu'on reprenne son bien partout où l'on le trouve »
REGNARD: « Je ne serai pas seul qui d'une âme enchantée Aura repris sa femme après l'avoir quittée »
VOLT.: « Il devait délivrer dix chevaliers chrétiens, Venir rompre leurs fers, ou les siens »
VOLT.: « Mlle de Saint-Yves, en entendant ce discours, disait tout bas à sa compagne : Mademoiselle, croyez-vous qu'il reprenne sitôt ses habits ? »
VOLT.: « On saisit, on reprend par un contraire effort Ce rempart teint de sang, théâtre de la mort »
J. J. ROUSS.: « Combien de fois elles la reprirent tour à tour dans leurs bras ! »
DUCLOS: « Les évêques déclarèrent Thetberge [femme de Lothaire] innocente [son champion ayant subi l'épreuve de l'eau bouillante], et Lothaire la reprit ; deux ans après, elle avoua le même crime dont elle avait été si parfaitement justifiée »
    Fig.
ARNAULT: « Reprendre en gémissant le fardeau de la vie »
    Reprendre un navire, enlever à l'ennemi un bâtiment dont il s'était emparé. Reprendre son poste, y revenir.
    Reprendre un chemin, y rentrer après l'avoir quitté.
    Reprendre le chemin de, retourner à.
PICARD: « Vous allez me faire le plaisir de sur-le-champ la route de Paris »
C. DELAV.: « Elle allait à Bordeaux, j'en reprends le chemin »
    Fig. Reprendre le dessus, regagner l'avantage perdu.
    Reprendre le dessus, signifie aussi se rétablir d'une longue maladie.
    Reprendre terre, mettre le pied sur la terre, en parlant d'un nageur qui arrive à l'endroit où l'eau n'est plus profonde.
    Fig.
SÉV.: « Il ne s'est jamais vu d'amour terre comme celui-là »
    Familièrement. On ne m'y reprendra plus, je ne m'exposerai plus au même danger, au même ennui.
    On dit par forme de menace : que je ne vous y reprenne plus ; que je vous y reprenne.

 2   Prendre de nouveau, en parlant de boissons, de potions, d'aliments. Il a repris médecine. Il est obligé de du sulfate de quinine. On nous rend [à nous chiens de qualité] le morceau de sucre, Les chats reprennent leur café, BÉRANG. Requête

 3   Fig. Être saisi de nouveau par des sentiments, des passions.
CORN.: « Il a repris toute sa colère Tant à nous voir marcher en si bon équipage, Les plus épouvantés reprenaient de courage ! »
CORN.: « Reprenez un orgueil digne d'elle [Rome] et de vous »
CORN.: « [Toi Sylla] Tu l'as fait un parjure, un méchant, un infâme ; Mais, s'il me laisse encor quelques droits sur son coeur, Il reprendra sa foi, sa vertu, son honneur »
RAC.: « Sauvons-le ; nos efforts deviendraient impuissants S'il reprenait ici sa rage avec ses sens »
    Reprendre courage, redevenir courageux.
RAC.: « Ils reprennent courage, ils attaquent le roi, Qu'un reste de soldats défendait avec moi »
    Reprendre courage, signifie aussi sortir de son abattement, se ranimer.

 4   Fig. Il se dit des maladies, des maux, qui s'emparent de nouveau d'un patient. La goutte l'a repris.
VOIT.: « Comme les joies des misérables ne durent guère, le lendemain que je l'eus reçue [votre lettre], ma colique me reprit »
STAËL: « À cette nouvelle son émotion a été si vive que la fièvre qui l'avait quittée l'a reprise »

 5   Rentrer en possession. Ne plaidez pas contre ce malheureux, il n'y a rien à sur lui. Il laisse de grands biens, mais sa veuve a beaucoup à sur sa succession.
    Fig.
FLÉCH.: « Elle savait racheter le temps, selon le conseil de l'Apôtre, et sur son sommeil les heures qu'on avait dérobées à sa retraite »

 6   Prendre ce qu'on avait donné.
CORN.: « Ô sort.... Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée »
CORN.: « Ciel..., Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis, Si, donnant des sujets, il ôte des amis »
     Épigr. sur le nom de Dieudonné que portait Louis XIV, attribuée à Bussy-Rabutin: Ce roi si grand, si fortuné, Plus puissant que César, plus vaillant qu'Alexandre, On dit que Dieu nous l'a donné : Hélas ! s'il voulait le !
RAC.: « Ma vie est votre bien ; vous voulez le »
QUIN.: « Fallait-il me donner ton coeur, Puisque tu voulais le ? »
VOLT.: « Reprenez, reprenez vos funestes bienfaits »
    Reprendre sa parole, retirer la promesse qu'on avait donnée.
BARON: « J'ai donné ma parole et je viens la »

 7   Reprendre quelque chose à quelqu'un, ou, simplement, quelque chose, rétracter quelque chose, ce qu'on a dit de quelque chose.
SÉV.: « La marquise [d'Uxelles] reprend, tous les ordinaires, les nouvelles qu'elle a mandées ; appelle-t-on cela savoir tout ce qui se passe ? »
SÉV.: « Il faut que je vous reprenne l'âme damnée de la Voisin [célèbre empoisonneuse] : on dit au contraire que son confesseur a dit qu'elle avait dit Jésus, Maria, dans le milieu du feu ; c'est peut-être une sainte »
SÉV.: « Voilà qui est bien triste, monsieur, de vous une si jolie nouvelle [retour du prince de Conti] »
SÉV.: « Pour Esther [de Racine], je ne vous reprends point du tout les louanges que je lui ai données »

 8   Rejoindre quelqu'un pour l'emmener.
SÉV.: « Il a prié en mourant la comtesse de Guiche de venir sa femme à Nancy, et lui laisse le soin de la consoler »
SÉV.: « Mon fils me mande que le sien [son voyage] finira bientôt selon toutes les apparences, et qu'il me viendra ici »
BRUEYS: « Attendez-moi, je viens vous pour vous mener chez ma soeur »
    Ramener chez soi, faire rentrer au logis, auprès de soi. La jeune demoiselle restera chez vous, jusqu'à ce que sa mère la reprenne.
Mme RICCOBONI: « Elle ne m'ennuyait pas, non, elle ne peut jamais m'ennuyer ; mais je trouvais qu'on tardait bien à venir la »
GENLIS: « Cette femme si capricieuse, si effrontée pourra bien me un jour son enfant »

 9   Continuer ce qui avait été interrompu. Reprenons notre lecture.
DESC.: « Il me reste beaucoup d'autres choses à examiner touchant les attributs de Dieu et touchant ma propre nature, c'est - à - dire celle de mon esprit ; mais j'en reprendrai peut-être une autre fois la recherche »
CORN.: « Timagène : Mais de grâce achevez l'histoire commencée. - Laonice : Four la donc où nous l'avons laissée.... »
SÉV.: « Elles [les pluies] ont cessé, et j'ai repris mes tristes et aimables promenades »
VOLT.: « Si on reprend la charrue mal attelée de l'Encyclopédie et qu'on veuille de ces articles, je les renverrai corrigés »
GENLIS: « Cette conversation intéressa tellement le roi, qu'il la reprit plusieurs jours de suite »
RAYNAL: « Ce grand projet fut repris par les Espagnols, aussitôt qu'ils eurent fait la conquête du Pérou »
DELILLE: « Autour de lui, le temps, sous mille aspects nouveaux, Achevait, renversait, reprenait ses travaux Reprendre une instance, continuer un procès qui avait été interrompu. »
DIDER.: « D'après ce discours artificieux, l'accusation d'adultère est reprise »

 10   Récapituler, résumer.
DUCLOS: « Il [le duc de Bourgogne] reprenait tout ce qui s'était fait depuis le traité d'Arras, et reprochait au roi Louis XI] de vouloir rompre la paix »
    Reprendre une chose, une histoire de plus haut, la raconter en commençant d'un temps plus éloigné.
BOSSUET: « Denis d'Halicarnasse.... en reprenant dès leur origine les anciennes institutions de la république romaine, si propres de leur nature à former un peuple invincible et dominant »
BOSSUET: « Après avoir raconté les prospérités, il reprend dès l'origine toute la suite des maux »
FÉN.: « Il faut mon histoire de plus haut »
    Reprendre les choses de plus haut, remonter à des principes généraux, à des vérités antérieures.

 11   Se mettre à.
SÉV.: « Vous coupiez court, et je reprenais tout aussitôt le silence »
    Reprendre la parole, se remettre à parler.

 12   Reprendre une tragédie, une comédie, etc. la remettre au théâtre.
VOLT.: « En 1717, M. de Crébillon fit représenter Sémiramis ; elle n'eut aucun succès, et ne sera jamais reprise »

 13   Terme de maçonnerie. Reprendre un mur, le réparer, en en fermant les crevasses.
    Reprendre un mur sous oeuvre, en sous-oeuvre, par-dessous oeuvre, en rétablir les parties inférieures, en soutenant le reste par des étançons.
    Fig. Reprendre sous oeuvre un projet, un ouvrage, y travailler sur le même plan, mais avec certaines modifications.

 14   Reprendre une étoffe, une toile, un bas, en rejoindre les parties rompues.
VOLT.: « Un tisserand continuellement occupé à les fils de sa toile »
    Terme de couture. Reprendre une maille, c'est refaire à l'aiguille celle qui a manqué et ainsi la rejoindre avec celles qui la suivent.
    Se dit aussi, au tricot, d'une maille tombée que l'on rattrappe en la remontant jusqu'au tour où elle manque.

 15   Terme de marine. Reprendre un hauban, un palan, remonter l'amarrage du cap de mouton ou de la poulie, de manière à pouvoir tendre davantage le hauban ou faire marcher plus loin la moufle.
    Reprendre une manoeuvre, la raccourcir lorsqu'elle a trop allongé.
    Reprendre la tournevire, en lever les tours du bas en haut de la fusée d'un cabestan, lorsqu'ils tendent à se croiser par de nouvelles révolutions.

 16   Recouvrer, avec un nom de personne pour sujet.
QUIN.: « Je n'ai pu la vie Sans aussi mon amour »
RAC.: « Elle a repris sur vous son souverain empire »
VOLT.: « Et je reprends ma gloire et ma félicité En dérobant mon sang à l'infidélité »
VOLT.: « Il reprit à la fin sa juste autorité »
J. J. ROUSS.: « Quand une fois on a perdu le goût des plaisirs de l'âme, qu'il est difficile de le ! »
    Reprendre ses esprits, ses sens, revenir à soi.
BOSSUET: « Le prince, sans s'émouvoir, lui laisse ses esprits »
BEAUMARCH.: « La voilà qui reprend ses sens »
    Reprendre son haleine, recommencer à respirer après une interruption.
    Fig. Reprendre haleine, se reposer afin d'être en état de se remettre à une action, à un travail quelconque.
    Reprendre se dit des animaux qui reviennent à leur ancien état.
BUFF.: « Les animaux [les loups], quoique adoucis par l'éducation, reprennent avec l'âge leur férocité naturelle »
BUFF.: « Dans les hautes montagnes et dans les pays du Nord, ils [les lièvres] deviennent blancs pendant l'hiver, et reprennent en été leur couleur ordinaire »
    Il se dit des choses. Cette manufacture a repris un peu d'activité.
BOSSUET: « L'empire reprend quelque force sous Justinien par la valeur de Bélisaire et de Narsès »
VOLT.: « L'empire reprit bientôt sous lui sa première splendeur »
BUFF.: « J'en ai vu d'autres [tables de lave] qui pliaient sous une forte charge, mais qui reprenaient le plan horizontal, par leur élasticité »
DELILLE.: « Tout renaît ; son séjour est plus doux, l'air plus pur, Et la voûte céleste a repris son azur »

 17   Censurer quelqu'un parce qu'on juge qu'il a fait ou dit quelque chose mal à propos.
SACI: « Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur ; et ne me punissez pas dans votre colère »
PASC.: « Si vous m'aviez repris dans mes premières fautes, je n'aurais pas fait celle-ci »
PASC.: « Quand il [le juste] reprend ses serviteurs, il souhaite leur conversion par l'esprit de Dieu »
BOSSUET: « Lycurgue donnait des lois à Lacédémone ; il est repris de les avoir faites toutes pour la guerre, à l'exemple de Minos dont il avait suivi les institutions »
BOSSUET: « Il a peut-être raison de ce savant auteur [Grotius] de l'excès de ses citations »
BOSSUET: « Le plaisir de dogmatiser sans être repris ni contraint par aucune autorité »
BOILEAU: « Aimez qu'on vous censure, Et, souple à la raison, corrigez sans murmure ; Mais ne vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend »
MALEBR.: « J'avoue que je dois à M. Descartes, ou à sa manière de philosopher, les sentiments que j'oppose aux siens, et la hardiesse de le »
ROLLIN: « Aristote, dans le livre où il marque les avantages et les inconvénients du gouvernement de Carthage, ne la reprend point de n'avoir que des milices étrangères »
    Il se dit aussi des choses que l'on censure.
LA FONT.: « Veuillent les immortels conducteurs de ma langue Que je ne dise rien qui doive être repris ! »
MOL.: « Je vous dis que.... Et qu'il ne reprend rien qui ne soit à »
MOL.: « C'est par leurs actions qu'ils [les vrais dévots] reprennent les nôtres »
    Absolument.
MOL.: « À quoi qu'en reprenant on soit assujettie, Je ne m'attendais pas à cette repartie »
PASC.: « Quand on veut avec utilité et montrer à un autre qu'il se trompe »
MAINTENON: « C'est beaucoup si vous avez obtenu de vous de ne jamais en public ; voyez dans vos réflexions si vous ne seriez pas bien aise qu'on vous dît vos fautes en particulier »
FÉN.: « Elle reprend avec bonté, et en reprenant elle encourage »
VOLT.: « Non moins prudent ami que philosophe austère, Mornai sut l'art discret de et de plaire »
GENLIS: « Reprenant tout bas, louant tout haut »
    Être repris de justice, avoir subi une condamnation en justice.
VOLT.: « Il n'est pas rare que dans une famille il y ait un homme habile qui fasse fortune, et un autre mal avisé qui soit repris de justice »
    Fig. Avec un nom de chose pour sujet, corriger, servir d'instruction.
MOL.: « Rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts »
MOL.: « [La comédie] n'étant autre chose qu'un poëme ingénieux qui, par des leçons agréables, reprend les défauts des hommes »
BOSSUET: « Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil »
BOURDAL.: « Il n'y a point de vérité que nous devions aimer davantage que celle qui nous reprend »

 18   V. n. Terme de manége. Se dit d'un cheval qui repart après un demi-arrêt.
    Il se dit d'un cheval qui cesse, au galop, d'entamer avec la même jambe, et qui entame avec l'autre ; ce qui se dit aussi changer de pied. Votre cheval reprend bien.
    Terme de chasse. Ce chien reprend bien, il retrouve bien la voie.

 19   Reprit-il, il reprit, expressions qui, dans un dialogue, indiquent qu'on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs.
LA FONT.: « Laissons, reprit Iris, cette triste pensée »
BOILEAU: « Il est vrai que Quinault est un esprit profond, A repris certain fat.... »

 20   Attaquer de nouveau, en parlant des maladies.
MOL.: « Cela lui reprend de moment en moment, et je crois qu'elle ne passera pas la journée »
SÉV.: « La fièvre a repris traîtreusement à Mme de la Fayette »
VOLT.: « La rage des tragédies m'a repris comme à vous »
VOLT.: « Vous n'êtes qu'à moitié guéri ; votre ancien mal vous reprend toujours »
    Il se dit aussi de sentiments, de passions.
LEGRAND: « C'est sa timidité qui lui reprend, madame »

 21   En parlant des végétaux, prendre de nouveau racine, après avoir été transplanté. Cet arbre a bien repris.
    On dit également : Cette greffe a bien repris.
FLÉCH.: « Ces greffes malheureuses qui n'ont point repris, qui touchent bien le tronc de l'arbre qui les soutient, mais qui n'en sont pas vivifiées »

 22   En parlant des chairs, des plaies, se rejoindre, se refermer. Les chairs ont repris. La plaie commence à .

 23   Se rétablir d'une maladie. Le malade commence à .

 24   Regagner de l'activité, de la prospérité, en parlant de choses. Le commerce reprend.
PICARD: « Ce quartier-ci va ; voilà la paix »

 25   Ce drame a repris, il s'est relevé après avoir été mal accueilli.

 26   Recommencer, revenir. Le froid reprend. Cette mode a repris.

 27   Se glacer de nouveau. La rivière a repris.

 28   Reprendre sur, revenir sur.
SÉV.: « Puis le mercredi matin, j'en reçois encore une [lettre], et je reprends sur des chapitres que j'ai déjà commencés »
SÉV.: « Elles [des lettres] sont écrites d'un trait ; vous savez que je ne reprends guère que pour faire plus mal »
    Reprendre, v. n. se conjugue avec avoir quand on veut marquer l'action : La rivière a repris hier ; avec le verbe être, quand on veut marquer l'état : La rivière est reprise depuis hier.

 29   Se , v. réfl. Être pris de nouveau.
MONTESQ.: « C'est l'orgueil qui n'ose pas dire ses secrets, et qui, dans les égards qu'il a pour les autres, se quitte pour se »

 30   En parlant des chairs, des plaies, se rejoindre, se refermer. La plaie se reprend. Les chairs se sont déjà reprises.

 31   Lier de nouveau amitié.
RETZ: « Nous étions sur le point de nous et de nous recoudre avec le parlement »
BOSSUET: « Une amitié qui a pu se malgré les obstacles »

 32   Concevoir de nouveau de l'attachement pour.
LAMART.: « Peut-être que mon âme.... à la vie un moment se reprendrait encore »

 33   Se corriger, se rétracter de quelque chose qu'on a mal dit. Il a mal prononcé d'abord, mais il s'est repris.
LA MOTTE: « Mais, quand soi-même on sait se faire entendre Que la raison nous doit donner la loi, On sent l'honneur de se , Et le plaisir de ne céder qu'à soi »

 34   Terme des mystiques. Se soi-même, réfléchir sur ses besoins et sur les actes que Dieu nous commande ; ce que les mystiques interdisent.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 28: Vus ne li devez pas [au roi] tut son voil conseillier, Ainz le devez suvent et chastier
     La bat. d'Aleschans, V. 562: [Le cheval] Reprent s'aleine, tost est revigorez
     Ronc. p. 193: Chacun torna sa resne, et son tor a repris
     Sax. III: Et la guerre dura tante mainte saison, Li uns rois après l'autre la reprist en son non
     ib. V: [Sa première femme étant morte] Il en reprist une autre qui fu assez vaillans
    XIIIème siècle
GUI DE CAMBRAI: « Et la semenche que je semme Ne reprendroit en nule terre »
GUI DE CAMBRAI: « Et dites moi comment savés, Puisque li hons sera chi mors, Reprendera l'ame son cors »
AUDEFR. LE BAST.: « En dormant vous cuid [je pense] embrassier ; E quant j'i faille au resveiller, Nule riens ne m'i peut aidier ; Lors me reprend à souhaitier »
BRUN. LATINI: « Li pueple de Israel le trainierent à chevaus [Ézéchiel], porce qu'il les reprenoit des crimes et des deableries que il faisoient »
     Roi Guillaume, p. 95, dans DU CANGE, Gloss. français: Mauvaistié.... Qui peüst en lor cuers grener, Ne ne rachiner
     Chr. de Rains, 233: Sa conscienche le reprit de la terre de Normandie, que li rois Phelippes avoit conquis sour le mauvais roi Jehans d'Engletiere
     la Rose, 14806: Quant la vielle ot tant fabloié [la vieille eut tant parlé], Bel-acueil reprent la parole
     Serm. de Maurice de Sully, dans Arch. des miss. scientif. t. V, p. 156: Ce demanderent il [les pharisiens] à nostre Seigneur, ne mie por aprendre, mais por , s'il peussent
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Se les enemis eussent reprins courage »
    XVème siècle
FROISS.: « Je ne vueil pas vostre parolle, mais je la vueil amender »
    XVIème siècle
AMYOT: « Incontinent que Domitian eust esté tué, les mois reprirent leurs anciens noms »
AMYOT: « Le mary pouvoit prester sa femme à temps, pour puis après la »
AMYOT: « Et lors commencea l'on à mettre en avant, qu'il estoit besoing de la guerre contre Mithridate »
AMYOT: « Silanus mesme se reprit de ce qu'il avoit dit, et interpreta son opinion, disant.... »
AMYOT: « Faire [cicatriser] une playe »
AMYOT: « Fabius s'en prist à rire, et luy respondit sur le champ : Tu as dit la verité ; car, si tu ne l'eusses point perdue [la ville de Tarente], je ne l'eusse point reprise »
MONT.: « Reprendre les faultes d'aultruy »
MONT.: « Avant que se laisser , il se donna de l'espée au travers.... »
MONT.: « Quand je veins à revivre, et à mes forces »
MONT.: « Ce testu indocile pense il pas un nouvel esprit, pour une nouvelle dispute ? »
MONT.: « Par advertissements et instructions reprinses à intervailes »
D'AUB.: « Ils firent un grand retranchement du coin de la Grange Loudis à travers la rue, pour aller [rejoindre] la muraille »
PARÉ: « Les nerfs, veines et arteres se reprennent quelquesfois »
COTGRAVE: « Reprenons notre chevre à la barbe »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. reprare ; wallon, ripreind ; provenç. , reprehendre, reprenre, repenre ; catal. rependrer ; espagn. reprender ; portug. reprehender ; ital. riprendere ; du lat. reprehendere, de re et prehendere (voy. PRENDRE).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Prendre.") Prendre de nouveau. "Reprendre son épée. Reprendre les armes. Reprendre une ville. Reprendre un prisonnier qui s'était échappé, un oiseau qui s'était envolé. Reprendre à son service un ancien domestique. Cet homme a repris sa femme après une longue séparation. Après son exil, il reprit sa place au sénat. Je l'obligerai à le cheval qu'il m'a vendu. Il a repris ses habits d'été, d'hiver. Cet homme laisse de grands biens, mais sa veuve a beaucoup à sur sa succession."
"Reprendre un chemin," Y rentrer après l'avoir quitté. "Nous reprîmes le grand chemin à tel endroit."
Fig., "Reprendre le dessus," Regagner l'avantage qu'on avait perdu. Il signifie aussi, Se rétablir après une longue maladie. "Il a bien repris le dessus."
Fam., "On ne m'y reprendra plus," Je me garderai de m'exposer de nouveau au même danger, au même ennui. On dit, par forme de menace, "Que je ne vous y reprenne plus, que je vous y reprenne."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Continuer quelque chose qui avait été interrompu. "Il a repris son travail. Ils ont repris leur correspondance interrompue. Ils ont repris leur train de vie accoutumé. Il faut cette affaire. Il a repris la conduite, la direction, le gouvernement de la maison. Reprenons la conversation ou nous en étions. Reprenons notre lecture. Après cette interruption, il reprit ainsi son discours. Reprendre le fil de son discours."
"Reprendre une chose, une histoire de plus haut," La raconter en la commençant d'un temps plus éloigné, pour rendre la narration plus claire, pour mieux éclaircir le fait. "Pour vous bien instruire de cet événement, il faut la chose de plus haut. Reprenons cette histoire de plus haut."
"Reprendre les choses de plus haut," Remonter à des vérités antérieures, à des principes généraux.
"Reprit-il, il reprit." Expressions dont on se sert lorsque, rapportant une conversation, on fait parler de nouveau l'un des interlocuteurs. "Il reprit ainsi. Il reprit en ces termes. Cela est indubitable, reprit-il; mais"... Dans ces phrases, "Reprendre" s'emploie absolument.
En termes de Procéd., "Reprendre une instance," Continuer avec une nouvelle partie ou avec la même, un procès commencé, et qui avait été interrompu. "Il a fait assigner les héritiers d'un tel, pour l'instance avec eux."
"Reprendre une tragédie, une comédie, etc.," La remettre au théâtre.
"Reprendre un mur," En réparer, en fermer les crevasses. "Reprendre la façade d'une maison."
"Reprendre un mur, un pilier, etc., sous oeuvre, en sous-oeuvre, par-dessous oeuvre." Reconstruire les parties inférieures d'un mur, d'un pilier, etc., en soutenant le reste par des étançons.
Fig., "Reprendre sous oeuvre un projet, une entreprise, un ouvrage," S'en occuper en suivant le même plan, mais avec certaines modifications, certains changements.
"Reprendre une toile, une étoffe, un bas d e soie, de fil, de laine, de coton," Rejoindre les parties qui sont rompues. "Ces bas sont trop déchirés, on aura de la peine à les , à les mailles."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Recouvrer. "Reprendre ses forces. Reprendre courage. Reprendre ses esprits. L'empire reprit quelque force sous ce règne. Elle a repris l'usage de ses sens. Il a repris tous ses droits sur elle. Cette manufacture a repris un peu d'activité."
"Reprendre son haleine," Recommencer à respirer après une interruption accidentelle, plus ou moins longue.
Fig., "Reprendre haleine," Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Réprimander, blâmer, censurer quelqu'un parce qu'on prétend qu'il a fait ou dit mal à propos quelque chose. "Reprendre doucement. Reprendre aigrement, rudement. On a beau ce jeune homme de ses fautes, il y retombe toujours."
Il s'emploie avec le pronom personnel, et signifie, Se corriger, se rétracter de quelque chose qu'on a dit mal à propos avec ou sans intention. "Il dit un mot pour un autre, mais il se reprit aussitôt. Il laissa échapper un terme peu convenable, mais il se reprit dans le moment."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Blâmer, censurer, critiquer quelque chose, y trouver à redire. "Reprendre les vices. On reprend en vous bien des choses. C'est un homme de bien, je ne vois rien à en ses moeurs, dans sa conduite, à sa conduite. Cet homme trouve à dans les meilleurs auteurs. Je ne trouve rien à à ce passage. Quelque excellent que soit un ouvrage, il y a toujours quelque chose à , à y . Il n'y a rien à en cela. Il trouve à à tout ce qu'on fait."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit neutralement Des arbres, des plantes, qui prennent racine de nouveau, lorsqu'ils sont transplantés. "Ce pommier, ce poirier a bien repris." On le dit également Des greffes. "Cette greffe a bien repris."
Il se dit aussi Des blessures, des chairs qui ont été coupées, ouvertes, séparées; et il signifie, Se refermer, se rejoindre. "La plaie commence à . Les chairs reprennent."
Il s'emploie, en ce sens, avec le pronom personnel. "La plaie se reprend. Les chairs se reprennent."
"Ce convalescent, ce malade reprend, a bien repris," Sa santé se rétablit, est bien rétablie.
"Cette pièce de théâtre a repris," Après être tombée d'abord, elle s'est relevée.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



neutre, signifie quelquefois, Recommencer. "Le froid a repris. Le chaud a repris. La pluie a repris. Cette mode a repris. Leur amitié a repris."
"La rivière a repris," A commencé à geler de nouveau, à se glacer encore.
"La goutte, la fièvre, etc., lui a repris," Elle lui est revenue, elle lui a pris de nouveau. On dit quelquefois activement, dans le même sens, "La goutte, la fièvre, etc., l'a repris."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi neutralement en termes de Manége, et se dit D'un cheval qui cesse, au galop, d'entamer avec la même jambe, et qui entame avec l'autre; ce qui s'appelle aussi, Changer de pied. "Votre cheval reprend bien. Faites que votre cheval reprenne."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Reprandre": 1re et dern. "e" muet, 2e. lon.
- Il se conjugue comme "prendre".] 1°. Prendre de nouveau. '"Reprendre une" Ville: "reprendre" à son service un domestique. 'Il "a repris" sa place, etc.
   Je lui dois tout. Il me chasse aujourd' hui.
   Obéissons. Ses bienfaits sont à lui:
   Il peut user du droit de "les ".
       Nanine.

- 2°. Saisir de nouveau. 'On "a repris ce" prisonier, qui s'était sauvé.
- 3°. Continuer ce qui avait été interrompu. '"Reprendre le" discours, "la" conversation. 'Après cette interruption, il "reprit" ainsi "son" discours.
- Au Palais, " une" instance.
- 4°. Rétablir, ranimer. '"Reprendre ses" forces, "ses" esprits, "son" haleine. "Reprendre courage". = "Reprendre un" mur sous oeuvre; en rebâtir les fondemens.
- "Reprendre une" toile, "une" étofe, etc. les rejoindre.
- 5°. Réprimander, blâmer. '"Reprendre" doucement, ou aigrement, rudement. 'Il "l'a repris" avec beaucoup de sévérité. Il est facile de "reprendre", dificile de faire mieux. = "Se "; se corriger, se rétracter. 'Il dit un mot pour un aûtre; mais tout de suite il "se reprit". 'Il laissa échaper un terme injurieux; mais tout de suite il "se reprit".
- 6°. Critiquer, trouver à redire. En ce sens, il se dit sur-tout à l'infinitif, ou sans régime: 'Quelque excellent que soit un ouvrage, il y a toujours à "reprendre"; ou avec "à", "dans", etc. 'Il trouve à " aux" meilleurs ouvrages, "dans" les Auteurs les plus illustres. 'Je ne trouve "rien à à", ou "dans" ce passage. 'Au lieu d'être fâché d'avoir tort, et charmé d'"être repris", on ne se reproche point l'un, et l'on ne peut souffrir l'autre. "D'Oliv." Pens. de Cic.
- 7°. "V. n." En parlant des arbres transplantés, prendre de nouveau racine. 'Cet arbre "a" bien "repris"; on le dit aussi des grèfes. = 8°. "Se ", se refermer, se rejoindre, en parlant des chairs qui ont été coupées, etc. 'La plaie "se reprend", les chairs "se reprènent".
   "Rem." En parlant des maux qui reviènent, Mde. "de Sévigné" fait "reprendre", tantôt actif, tantôt neutre. 'La fièvre tierce "l'a reprise": 'La fièvre "a repris" traiteusement "à" Mde "De La Fayette". Je ne condamnerais pas le premier, mais le 2d est le meilleur, le plus sûr, le plus conforme au bel usage et à l'analogie: j'aimerais mieux dire, la fièvre "lui a repris", que "l' a repris". 'Ce sombre accês d'enthousiasme ne "reprit" plus "aux" Puritains de la nouvelle Angleterre. "Rayn."




Emplacement dans le dictionnaire :

repoussant
repousse
repoussé
repousser
repousseur
repoussoir
repouster
répréhensible
reprehensible

represailles
représentable
representant
représentant
représentateur
représentatif
représentation
representation
représentativité
représentaton
représenté




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...des bouées pour eux, -mais à quoi bon ? -on aimait encore mieux ne plus les voir reparaître, car alors, à cause de ce danger de tomber en travers à la lame , on n'aurait pas pu s'arrêter pour les reprendre, et il aurait fallu avoir ce courage horrible de les abandonner. Seulement on fit l'appel de ceux qui restaient, pour savoir le nom du second qu'on avait perdu : c'était un petit novice très sage,...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...l'équipage, ne montant que pour son quart et pour la manoeuvre, baissant la tête, n'osant plus me voir. Oh ! Ces résolutions qu'on a reprises vingt fois, qu'on n'a pas su tenir... on n'ose plus les reprendre encore, ou du moins on n'ose plus le dire... et on s'affaisse, inerte, laissant passer les jours, attendant le courage et l'estime de soi-même, qui ne reviennent pas... peu à peu cependant nous...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...j'ai tant aimées plus tard... je voulais toujours être pasteur, assurément ; d'abord il me semblait que ce fût mon devoir. Je l'avais dit, je l'avais promis dans mes prières ; pouvais-je à présent reprendre ma parole donnée ? Mais, quand je cherchais, dans ma petite tête, à arranger cet avenir, de plus en plus voilé pour moi d'impénétrables ténèbres, ma pensée se portait de préférence sur quelque...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...venait au côté une douleur aiguë, qui s'exaspérait vite, vite, jusqu'à être quelque chose d'atroce et d'indicible. Il tourna sur lui-même deux ou trois fois, la tête perdue de vertige et cherchant à reprendre son souffle au milieu de tout ce liquide rouge dont la montée l'étouffait, -et puis, lourdement, dans la boue, il s'abattit. 3e PARTIE, II Environ quinze jours après, comme le ciel se faisait...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...d'où montait tout ce bruit. Ils couraient tous deux, cinglés en plein visage, le corps penché en avant contre les rafales, obligés quelquefois de se retourner, la main devant la bouche, pour reprendre leur respiration que ce vent avait coupée. D'abord, il l'enlevait presque par la taille, pour l'empêcher de traîner sa robe, de mettre ses beaux souliers dans toute cette eau qui ruisselait par...


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